Jamais deux sans trois: Things always come in threes

Le 24 décembre 2019, alors que nous sommes censés prendre l’avion dans deux jours je n’ai toujours pas fini de faire mes valises. J’aurais bien aimé le faire bien plus tôt mais mes affaires personnelles étaient divisées entre la maison de mes parents et notre petit appartement à Enghien-les-Bains et avec les grèves des transports les déplacements entre les deux logements sont très difficiles, donc je suis obligée de tout faire à la dernière minute.  

Mais ce ne sont pas seulement les grèves qui m’empêchent de faire mes valises, je suis aussi victime d’une sorte d’anxiété qui me paralyse. Moi qui ai toujours eu la phobie des valises comment suis-je censée faire tenir le contenu de ma vie entre 30 kilos de bagages en soute et 10 kilos de bagages à main ?  Comment faire le tri entre ce qui sera essentiel et ce qui ne le sera pas ? Et si j’oubliais quelque chose d’important et que je finisse par m’en rendre compte seulement une fois arrivée là-bas ? Et plein d’autres petites questions pratiques comme : dois-je prendre ce livre avec moi ou le laisser ? Et si jamais je ne trouve pas de produits pour cheveux afros là-bas, est-ce que je dois apporter les miens juste au cas où ? Et enfin à l’époque nous ne savions pas non plus combien de temps notre séjour en Australie allait durer, ni où nous allions vivre finalement autant plus de raisons pour alimenter mon anxiété.  

Ce que je ne savais pas à l’époque c’est que ce serait le premier d’une longue succession de déménagements.

Quatre déménagements au total. Trois déménagements en l’espace d’un an. 

Le premier déménagement de l’année après notre arrivée en Australie a été le plus facile de tous. C’était la première fois que nous avons eu notre propre maison à tous les deux. Celle-ci avait été inhabitée pendant plusieurs années et il a donc fallu faire un nettoyage intensif : dépoussiérer toutes les surfaces, retirer les toiles d’araignée et même nettoyer les murs pour tenter d’enlever cette odeur étrange que l’on n’a jamais réussi à identifier (et dont nous ne sommes pas sûrs d’avoir réussi à complètement éliminer !). Malgré tout ce travail en vue, (et le fait que tout ce travail de nettoyage est tombé pendant une semaine de canicule) j’ai globalement pris plaisir à le faire. Ma partie préférée a été de faire les magasins avec ma belle-mère pour acheter quelques meubles et autres objets de décoration dans les boutiques solidaires d’occasion. Nous avons aussi été richement bénis par les amis, la famille et les connaissances qui nous ont donné ou prêté des meubles, des appareils électroménagers et autres ustensiles.  Et j’ai aussi pu apprendre plusieurs mots utiles et intéressants que je ne connaissais pas encore comme “kettle”, “dishrack” “cutlery”, “grater”, “cupboard” et autres.  

Celui qui a suivi n’a pas été aussi facile et ressemblait un peu à celui de décembre 2019. Certes cette fois-ci je n’étais plus sous la contrainte des 30 et 10 kilos de bagages, mais il a fallu encore une fois faire le tri entre ce qui était nécessaire ou pas, ce qu’il fallait garder ou jeter. Et surtout il y avait la même incertitude quant du futur : allions-nous réussir à rentrer en France comme prévu au mois de septembre ou serait-il mieux de décider de rester en Australie plus longtemps ?  Et enfin fallait-il rendre les objets qui nous ont été prêtés ou les garder au cas où nous resterions finalement ?  

Et enfin le dernier déménagement qui a eu lieu il y a trois semaines maintenant était lui un peu plus proche du second. Une fois la décision prise de rester plus longtemps en Australie, s’est posée la question du logement. Après avoir épuisé plusieurs pistes, Dieu a pourvu à ce besoin particulier au travers d’une connaissance alors que nous n’avions plus beaucoup d’espoir. Nous avons eu plus ou moins la même quantité de travail avant de déménager, sauf qu’ici la colonie d’araignées est plus importante et celles-ci tissent leurs toiles à la vitesse de l’éclair (à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison) ! Et manque de bol pour nous, nous habitons dans une des rares maisons de l’état à double étage, ce qui signifie que la quantité de ménage est deux fois plus importante ! 

Où sommes-nous maintenant ? 

Clifton Springs se trouve au niveau du petit point bleu sur la carte !

Vous vous souvenez de l’article dans lequel j’expliquais l’organisation de Geelong ? Nous sommes toujours dans l’agglomération “Greater Geelong” mais cette fois-ci un peu plus à l’Est sur la péninsule de Bellarine à Clifton Springs. Ce qui veut dire que depuis chez nous, nous avons une vue sur Melbourne, le centre-ville de Geelong, et la chaîne de montagnes des You Yangs et c’est assez impressionnant ! 

Mais qui dit maison au bord de la plage, dit aussi quartier un peu plus reculé : le supermarché le plus proche se trouve à 30 minutes à pieds et pour rejoindre le centre-ville de Geelong je dois prendre un bus, qui passe une fois par heure, pour un trajet d’environ une heure ! Et pour aller à Melbourne je pense qu’il faudra compter environ trois heures de transport bus et train compris ! 

On pourrait croire qu’avec autant d’expériences en déménagements, cela deviendrait plus facile au fur et à mesure, mais ce n’est pas complètement vrai ! A chaque fois je ressens un petit pincement au cœur plus ou moins fort selon le contexte. Et quand on y réfléchit c’est assez normal car déménager est en quelque sorte une épreuve d’abandon : on doit faire le tri dans nos affaires personnelles et renoncer à certains objets. Ça implique aussi laisser derrière nous un lieu, un quartier et des murs qui étaient devenus si familiers. Ces objets et ces lieux nous servent de repères en quelque sorte et les quitter nous déstabilise.   

Ma prière est de ne pas avoir à déménager autant de fois l’année prochaine ! Mais si jamais cela se produit encore une fois, je me consolerais par le fait que j’aurais une chose de plus à ajouter à ma liste de celles pour lesquelles je suis reconnaissante d’avoir vécu dans ces différents endroits :  à Highton : c’était bien d’avoir eu un endroit où atterrir et un bon lieu de transition entre les deux pays et j’ai pu apprendre quelques mots d’argot australiens en passant du temps avec ma belle-sœur et son mari !  à Herne Hill : c’était génial d’avoir pour la première fois notre propre maison, qui était grande et nous sommes reconnaissants d’avoir vécu le premier confinement là-bas plutôt que dans un petit appartement en Île-de-France ! à Lara : après une période d’isolation, cela faisait du bien d’être à nouveau entourés par la famille, surtout après l’annonce du second confinement. Et j’en ai profité pour apprendre pleins de petites recettes australiennes de ma belle-mère !  

Pour l’instant je suis toujours en phase d’adaptation et d’exploration et j’écrirai ma liste de reconnaissance pour Clifton Springs quand nous aurons quitté cette maison et j’espère qu’il y aura des choses intéressantes dessus, comme le fait d’avoir fait de la pêche pour la première fois !

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